Jade Potin : « La santé est devenue ma priorité »
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture

En Guadeloupe, l’alimentation occupe une place particulière. Entre héritage culturel, produits locaux et influences extérieures, les habitudes alimentaires évoluent, notamment chez les jeunes générations. Pour Jade Potin, alias Jedaa, cette évolution s’accompagne d’un véritable défi : celui de préserver notre patrimoine alimentaire, tout en sensibilisant les jeunes aux enjeux de santé.
Préserver notre patrimoine alimentaire
« Nous sommes un peuple riche de sa culture et de tout ce que notre territoire peut produire. » apprécie Jade Potin. Fruits, légumes, condiments, épices, racines, poissons, etc. font partie d’un patrimoine précieux. Pourtant, influencés par des modèles extérieurs, cette richesse est délaissée au profit de modes de consommation plus rapides. Jedaa observe que les jeunes Guadeloupéens sont fortement exposés aux influences venues des États-Unis ou de l’Hexagone. Dans ce contexte, les traditions alimentaires locales peinent parfois à trouver leur place. « Beaucoup considèrent encore que la culture appartient aux anciens. Manger local peut même être perçu comme quelque chose de dépassé. » regrette-t-elle. Pourtant, les pratiques traditionnelles pouvaient aussi être un rempart contre la précarité alimentaire « Les pratiques de solidarité, longtemps ancrées dans la société guadeloupéenne, peuvent favoriser l’accès à une alimentation de qualité. Cette logique de partage constitue une richesse importante du territoire : échanges entre voisins, ou membres d’une même communauté, de produits issus du jardin par exemple. »
Manger en conscience
Selon Jade, le principal problème réside dans le manque d’éducation et de sensibilisation. Les informations existent, mais elles ne sont pas toujours transmises de manière adaptée. « Les jeunes ont accès à beaucoup de contenus, mais pas forcément dans un langage qui leur parle. » souligne-t-elle. Résultat : de nombreux adolescents et jeunes adultes se tournent vers des produits ultra-transformés, la restauration rapide ou les repas consommés sur le pouce, sans toujours mesurer les conséquences sur leur santé. Pourtant, rappelle-t-elle, l’alimentation constitue l’un des piliers fondamentaux du bien-être :
« On oublie souvent que ce que nous mangeons influence directement notre énergie, notre santé physique, mais aussi notre santé mentale. » Elle constate ainsi une fracture entre ceux qui ont grandi avec une éducation alimentaire solide et ceux qui privilégient davantage la facilité, souvent par manque d’informations ou de repères.

Équilibrer plutôt qu'interdire
Jedaa insiste également sur le fait qu’une alimentation équilibrée ne dépend pas uniquement des aliments consommés, mais aussi de la manière dont ils sont associés. Pour elle, « La bonne alimentation n’est pas seulement l’aliment en lui- même, mais la manière dont on compose ses repas. » Elle reconnaît que passer d’une alimentation très industrialisée à une alimentation davantage tournée vers les produits locaux peut être difficile. Toutefois, elle estime que ce changement ne doit pas nécessairement être radical et qu’il peut se construire progressivement, à travers de petites actions du quotidien.
Entre normes de beauté et santé des femmes
Dans les sociétés antillaises et afro-caribéennes, certaines représentations de la beauté restent très présentes. La femme aux formes généreuses est souvent valorisée et perçue comme un idéal esthétique. Si cette vision peut être positive pour certaines, elle peut aussi générer des frustrations chez d’autres. Cette réflexion sur l’alimentation rejoint également la question de l’image du corps.
« Nous passons beaucoup de temps à essayer de correspondre à des critères de beauté, sans forcément nous demander ce qui est bon pour notre santé. » Jade estime que les femmes manquent encore d’informations sur leur propre fonctionnement biologique, notamment sur les liens entre alimentation, hormones et cycle menstruel. Une meilleure connaissance de ces mécanismes permettrait d’adopter une alimentation plus adaptée aux besoins réels du corps.
Une alimentation à l’écoute de son corps
Son propre parcours illustre cette démarche. Ayant grandi dans une famille attentive à l’importance du contenu de l’assiette, Jedaa a développé très tôt une relation consciente à l’alimentation. Aujourd’hui, elle ne suit aucun régime particulier mais adapte ses choix à son organisme. Elle consomme moins de viande qu’auparavant, privilégie le poisson, les œufs et les fruits de mer, et reste attentive aux aliments susceptibles de provoquer des inflammations ou des déséquilibres.
« La santé est devenue ma priorité ! » affirme-t-elle. Pour elle, prendre soin de son alimentation ne consiste pas à suivre des interdictions strictes, mais plutôt à apprendre à écouter son corps et à comprendre ses besoins. Une démarche qu’elle considère essentielle dans une société, où les rythmes de vie accélérés, poussent souvent à privilégier la rapidité plutôt que la qualité.
Avec plaisir !
Malgré son intérêt pour une alimentation équilibrée, Jade Potin ne cache pas ses petits plaisirs gourmands. Son plat préféré reste les dombrés aux crevettes « préparés par mon père ». Elle apprécie également la cuisine asiatique, notamment les sushis et les ramens. Quant à ses péchés mignons, ils tiennent en trois mots : chocolat, noix de cajou et fromage.


Commentaires